éditions 77

 

 

 

STEPHANE LAVOUE - LES MOIS NOIRS

80 pages
46 pictures
197*270 mm
pictures by stéphane lavoué
texts by bertrand belin & stéphane lavoué
graphic design by l’ateiier 25
french & english
munken lynx 170g
embossed hard cover
isbn 978-2-9552412-6-4
first edition
2020

 

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"J’ai rencontré le Pays Bigouden quelques jours après ma compagne, Catherine.

J’avais une vingtaine d’années, nous venions à peine de décider de passer notre vie ensemble et je devais déjà partir plusieurs mois en Malaisie. Pour sceller notre toute jeune relation, elle décida de me soumettre au « test bigouden », épreuve initiatique de quelques jours, chez ses grands-parents, à Kérity.

Dès les premiers instants, je fus littéralement ensorcelé. Le sourire de sa grand-mère nous accueillant sur le trottoir, la lumière blanche aveuglante sur la façade de la maison, le plateau de langoustines fumantes sur la table du salon… puis les balades sur la grève, la silhouette du phare, les histoires de marins perdus en mer

Tout. Ma rétine a tout imprimé.

Vingt ans plus tard, nous voilà de nouveau à Kérity. Avec nos deux filles.

Après plus d’une décennie de vie parisienne, nous aspirions à de profonds changements. Nous avions tout envisagé : Rio de Janeiro, San Francisco, Montréal.

Finalement, c’est à Cap Caval, la pointe du Sud du Finistère, que nous avons décidé de nous poser.

A Kérity, dans la maison des grands-parents de Catherine.

Rapidement, ce petit territoire familier a provoqué la révolution copernicienne tant espérée. La fin des commandes parisiennes m'a permis de pratiquer une photographie plus personnelle et notre nouvel environnement est devenu ma principale source d’inspiration. Il s’agit d’essayer d’exprimer les émotions que je peux ressentir à vivre ici, sur le rebord du monde.

Je tâtonne, expérimente plusieurs formes photographiques pour échapper à l’iconographie éculée des bords de mer, bateaux et filets de pêche. Par chance, je suis trop malade en mer pour photographier à bord ! Je reste donc à quai et pousse la porte des hangars : criée, chantiers navals, forges marines, conserveries, glacière… Je découvre la filière « A terre» alimentée par les marées successives des chalutiers, ligneurs et bolincheurs. Communauté. Travail manuel. Pénibilité. Architecture économique et sociale du territoire.

Et il y a des jeunes. Ceux qui n’ont pas quitté « le pays » et s’y accrochent, viscéralement. Ils m’intriguent, je les photographie : jeune patron-pêcheur, reine des Brodeuses, meunier, écailler, surfer…pourquoi eux restent-ils alors que la majorité s’en va ? Ils me guident sur de nouveaux chemins et contribuent à compléter ma carte mentale bigoudène.

Ainsi naissent Les Mois Noirs, récit photographique de fiction, représentation intime du territoire sur lequel ma bigoudène et moi avons fait le choix de vivre."


 

"I encountered the land of the Bigouden only a few days after meeting my partner, Catherine.

I was in my twenties, we had just decided to spend our life together and I had already had to go to Malaysia for several months. To seal our very young relationship, she decided to submit me to the "bigouden test", an initiation ceremony of a few days, at her grandparents' in Kérity.

From the first moment, I was literally bewitched. The smile of her grandmother welcoming us on the sidewalk, the blinding white light on the front of the house, the tray of steamed langoustines on the living room table ... then the strolls on the shore, the silhouette of the lighthouse, the stories of sailors lost at sea

Everything, my retina printed everything.

Twenty years later, here we are again at Kérity. With our two daughters.

After more than a decade of life in Paris, we are yearning for profound changes. We have considered everything: Rio de Janeiro, San Francisco, Montreal.

Finally, it was at Cap Caval, the southern tip of Finistère, that we decided to settle.

In Kerity, in the house of Catherine's grandparents.

Quickly, this small familiar territory provoked the long-awaited Copernican revolution. The end of Parisian commissions has enabled me to practice a more personal photography and our new environment becomes my main source of inspiration. It's about trying to express the emotions I can feel living here on the edge of the world.

I grope around, experiment with several photographic forms to escape the worn-out iconography of the seashores, boats and fishing nets. Luckily, I'm too sick at sea to photograph on board! So I stay at the quay and push the door of the hangars: auctions, shipyards, marine forges, canneries, coolers ... I discover the "On land " sector fed by the successive tides of trawlers, trolling boats and netters. Community. Manual work. Painfulness. The economic and social architecture of the territory.

And there are young people . Those who have not left "the country" but cling to it, viscerally. They intrigue me, I photograph them: the young self-employed fisherman, queen of the embroiderers, miller, fish-scaler, surfer ... why do they stay when the majority leave? They guide me on new paths and help me complete my Bigoudene" mind map.

That’s how The Black Months was born, a fictional photographic story, an intimate representation of the territory in which my bigoudène and I had decided to live."